Monographie 1888

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Monographie II

Département de Meurthe-et-Moselle

Canton de Nancy-Est

Commune de Laître-sous-Amance

Questionnaire géographique.

1.        Donner la situation de la commune, confins, sa superficie, la disposition de son territoire, la nature de son terroir, ses différentes divisions en parties connues sous un nom particulier.

La commune de Laître-sous-Amance, située sur le versant sud-est de la côte d’Amance, à une altitude de 20 mètres, domine la fertile vallée de l’Amezule. Son territoire disposé en pente rapide sur la rive droite du ruisseau, est relativement plat du coté gauche. Il a une superficie totale de 540 hectares, dont 405 hectares sont en cultures. 15 hectares sont occupés par le sol des rues et places, chemins, ruisseaux, etc.. Le terrain est argilo-calcaire sur tous les points.

Le village est traversé par le chemin d’intérêt commun n° 8. Les rues qui sont bordées de cassis pavés portent les noms suivants : R. du bas Chemin, R. de l’Église, Place de la Fontaine, au  By, rue de la Fédération, ruelle des Capucins, grande-rue, sur les Rheins.

Le ban de Laître est limité au nord par la commune d’Amance, à l’est par celle de Laneuvelotte, au sud par Seichamps et à l’ouest par Dommartin et Bouxières-aux-Chênes.

2.      Dresser la liste de tous les noms de lieux-dits de la commune d’après le cadastre, en les classant par ordre : hameaux, fermes, collines, vallées, champs, pierres ou rochers, sources, fontaines, ruisseaux, étangs, et tous accidents naturels qu’on y remarque.

A.       

Ferme de la Neuvemaison, cense de Boutangrogne, les Noires-terres, devant le Cheminot, Harmaind-pont, le Haut-Poirier, à Maurupt, aux Zérattes, Châteaupré, sous le Jard, le pré Bricard, la Courteraye, sous les Brémoncourt, sous Laître, la Croix Jean-François, au Pont Voiré, la Noire Pierre, sous les Chanvres, le pré du Meunier, les Grandes Fauchées, la Fosse, le Taureau, le pré à l’Huile, au Patural, au Ménil, derrière l’Etang, aux Arbois, le puits la Maix.

B.       

Caquillon, au poirier la Truie, le Prey, à Bel Air, à la Batramé, le haut de Coeuré, le pré la Louve, sur le chemin du Saulcy, la petite dame Clair, à Harbo, sur le pré du Tahon, à Manonpré, la voie du Moulin, la Terre maudite, le coin des Dames, devant Rougibois, Quevillompré, le pré Ste Agathe, au Breuil, le Pré l’haleine, aux Grasses fèves.

C.    

Au Poirier Tragna, à Salot, à Trifontaine, au Jamba, le pont sur au Gué, sur le Breuil la Côte.

D.       

Sous le Jard, les Verdures, Sérachamps, à Clairlieu, aux Beules, aux Fosses, à l’Achevée, les Rheins, la corvée des Malades, derrière le Four, haut de la Croix, le Champ Ferry, à grand Sare?? s, aux Mounottes, derrière le Priot, en folie fontaine, les Blanches Vignes, les Langattes, le haut Rouau, les Vignes-le-Duc, au Bas de l’Os, au St Pierre, en Brahu, la Limecière, le Barbiton, le champ Gaillet, les hauts Jardins, au Bachot.

3.    Ecrire les noms patois, lorsqu’il y a lieu, à coté des noms français, et relater, dans une note annexe, ce que l’on sait sur l’origine des noms de lieux, d’après les documents et renseignements possibles, archives communales, souvenirs des anciens de la commune,  

Le nom de Priot donné à la maison de ferme qui est adossée à l’église est le patois de Prieuré. Cette maison était le siège d’un prieuré de bénédictins fondé au XIème siècle par Thierry, duc de Bar ; selon D. Calmet, la comtesse Sophie dota ce prieuré de biens considérables, avec la chapelle et le château d’Amance. Il fut uni à l’abbaye de St Mihiel en 1192, et enfin vendu comme bien national.

Le canton dit la Corvée des Malades tire son nom d’une léproserie bâtie à la limite nord du territoire vers le XIIème siècle et qui appartenait au duc de Lorraine. En défrichant une vigne sur l’emplacement de cette maison, on a découvert les fondations en moellons bien cimentés.

Il n’existait plus en ce lieu depuis fort longtemps qu’une croix en bois appelée la croix des Malades ; elle a été remplacée en 1884 au moyen d’une souscription des habitants de Laître, par une belle croix en pierre.

Dans les vieux contrats, on rencontre souvent le lieudit aux Mounottes désigné sous le nom de aux plaies.

Suivant la tradition, c’était en cet endroit, au bord d’un petit ruisseau bordé d’arbres, traversant les jardins du prieuré, que se tenaient les offices seigneuriaux pour rendre la justice.

Quant au canton des Vignes-le-Duc, on sait qu’il appartenait aux ducs de Lorraine qui avaient à Amance un vendangeoir et des celliers importants.

4.    Faire un plan approximatif de la commune en y mettant tous les noms de lieux, sans s’occuper de l’exactitude de l’échelle ni du fini du dessin. L’important est que celui-ci soit bien net et que tous les noms soient écrits dans l’orthographe française de préférence.

 

5.      Désigner les cours d’eau qui traversent la commune, les décrire dans leur agencement général et dans les particularités de leur cours : pente, rapidité, ensablement, transformation lente ou accidentelle de leurs rives, chutes, intermittences maxima et minima de leur niveau, époques et niveaux atteints par les grandes inondations, leurs conséquences sur le lit des cours d’eau.

Le ban de Laître est traversé de l’est à l’ouest par le ruisseau de l’Amezule, désigné dans les anciens titres sous le nom d’Amancieulle, Amansuelle. Il prend sa source près d’Erbéviller et se jette dans la Meurthe au dessous de Lay-St-Christophe, après avoir parcouru les territoires de Champenoux, Amance, Laneuvelotte, Laître, Dommartin, Agincourt, Eulmont et Lay-St-Christophe. Sur le ban de Laître, on le franchit au moyen de deux ponts en pierres, à une seule arche en cintre surbaissé, dont un sur le chemin vicinal de Laître à Laneuvelotte et l’autre dit le Pont Voiré, sur le chemin allant à Seichamps.

Le grand ingénieur Vauban avait formé le projet d’utiliser le lit de ce ruisseau pour créer un canal reliant la Seille à la Meurthe. Ce projet attendra probablement encore longtemps son exécution.

Le chemin de fer de Nancy à Château-Salins suit la rive droite de l’Amezule dans toute sa longueur sur le territoire de Laître-sous-Amance.

6.     

7.  Statistique de la population ; causes présumées de son accroissement ou de sa diminution ; nombre de décès, mariages.

La population de la commune était en 1789 de 415 hab. ; en 1833, de 360 hab. ; en 1850, de 351 habitants et en 1866, elle était descendue à 336 habitants.

Les logements ont toujours été rares dans la commune, à cause de la cherté des constructions ; par suite, la population ouvrière, celle qui généralement donne les familles les plus nombreuses, a rencontré de grandes difficultés pour s’y fixer. D’un autre coté, l’aisance en s’accroissant chaque année, a augmenté le désir d’être bien logé, et telle maison qui abritait, il y a 50 ans, deux et trois ménages, n’en contient plus qu’un aujourd’hui.

En 1833, il y avait 4 pères de familles ayant 5 et 6 enfants à l’école ; en 1850, il y en avait deux ; en 1860, un seul ; en 1888 il y a beaucoup de familles d’un et deux enfants, mais aucune n’en a 4 de l’âge scolaire.

Le nombre des décès et des mariages reste proportionné à la population totale ; mais celui des naissances a subi une légère diminution.

8.           Particularités sur la constitution physique des habitants, leurs us et coutumes ; caractère des habitudes locales ; statistique scolaire.

Le village de Laître, situé à l’exposition sud-est, se trouve dans des conditions hygiéniques très favorables ; les habitations sont saines et l’eau distribuée par quatre fontaines est très salubre ; aussi les maladies y sont rares. Les habitants sont sobres et très laborieux ; la plupart jouissent d’une grande aisance. Fermement attachés au sol, ils cultivent paisiblement l’héritage paternel : aussi on ne connaît point d’enfants de ces localités qui aient quitté la maison des parents pour aller chercher ailleurs une autre position.

Les habitants de Laître ont reçu de leurs voisins le sobriquet d’en arés, vieux mot patois qui signifie étourdi ou plus exactement tête en l’air. Ils sont réputés moqueurs, car un proverbe bien connu dans le pays dit : « Celui qui passe à Dommartin sans être louché, à Laître sans être moqué et qui entre à Amance sans monter, obtient à Bouxières une demoiselle sans la demander. » Le proverbe aujourd’hui n’est plus guère justifié que pour Amance.

La population scolaire était en 1850 de 60 enfants ; elle est descendue à 50. Il n’y a qu’une école pour les deux sexes.

9.    Etat des terres ; assolement, jachères, engrais, prairies naturelles et artificielles.

Les terres sont très bien cultivées en suivant pour une bonne partie l’assolement triennal ; la riche prairie arrosée par l’Amezule donne en grande quantité un foin succulent, ce qui permet de nourrir un nombre considérable de bestiaux qui produisent beaucoup d’engrais ; les propriétaires savent en faire le meilleur emploi et y ajoutent encore les engrais chimiques.

On compte 134 hectares de prairies naturelles et une moyenne de 30 hect. de prairies artificielles.

10.      Cultures de toutes pièces. Leur importance dans les ressources ou dans l’alimentation de la population.

Le territoire de Laître présente en été l’aspect le plus varié ; on y voit des céréales de toutes sortes, des vignes, des prairies naturelles et artificielles en quantités surtout des plantes fourragères et beaucoup de vergers. La proximité du marché de Nancy facilite l’écoulement des produits et l’on peut tirer profit de tout ; on cite plusieurs années où la seule récolte des mirabelles a fait entrer 12.000 francs dans la commune. Mais depuis dix ans la vigne n’a donné que des récoltes au dessous de la moyenne.

La population trouve une ressource importante dans l'élevage des animaux de l’espèce bovine ; on compte à Laître 130 vaches donnant une moyenne annuelle de 18 hectol. de lait par tête ; ce lait, vendu tous les jours au prix de 0f.13c le litre, donne un rendement total de 20.420 fr. par an.

11.     

12.  Pêche et chasse, espèces de gibier ou de poisson sous leur appellation vulgaire, et, autant que possible, scientifique.

Le ruisseau de l’Amezule ne produit que du poisson commun et de mauvaise qualité.

Le voisinage des forêts domaniales du Feys et de Champenoux rend la chasse fructueuse. Outre le lièvre, on y voit des chevreuils, des sangliers, souvent des loups, mais à l’automne surtout des renards.

A Laître-sous-Amance, le 1er mai 1888

L’instituteur,

Tollin.

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