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CHAMPENOUX.

Les documents qu’on va lire sont empruntés à un manuscrit ayant pour titre « Inventaire des titres de la seigneurie vouée de Champenoux, appartenant à messire J.-P.-R. comte Du Houx de Dombasle, dressé par J.-C.-F. Le Moine, archiviste et généalogiste du chapitre de la cathédrale de Nancy et d’autres corps. 1788. »

Le prieuré de Champenoux fut fondé par Catherine de Limbourg, femme de Mathieu II, duc de Lorraine, vers le milieu du XIIIe siècle ; les biens de ce prieuré sont unis à l’abbaye de Saint-Epvre de Toul. Vauthier, abbé de ce monastère, s’étant démis de ses fonctions, se retira à Champenoux en 1288.

Dans une charte datée de l’an 1140, Renaud de Senlis, évêque de Toul, rappelle la donation faite à cette abbaye par Beccelin, chevalier de Mazerules (de Maceroles), de tout ce qu’il avait dans la ville de Champenoux (in villa Campis pinal) en terres, en prés et en bois.

Le 13 des calendes de décembre 1224, Amont, chevalier, seigneur de Rup et de Boulay, confirme et approuve la vente faite à l’abbaye de Saint-Epvre, par Havide, sa nièce, de l’alleu qu’elle avait à Champenoux, consistant dans la moitié de la ville, en près, terres, hommes, femmes, pâturages, bois, eaux et autres revenus.

En 1500 et 1511, Mathieu de Lucy, écuyer, seigneur dudit lieu, donne son dénombrement au duc de Lorraine pour ce qu’il avait en la ville de Champenoux.

Des différends s’élevèrent, en 1523, entre le prévôt d’Amance et les religieux de Saint-Epvre, au sujet de la redevance annuelle d’un bichet de blé que les habitants de Champenoux devaient au prévôt, lequel, lorsqu’ils refusaient de s’acquitter, les faisaient gager par un de ses sergents Les Bénédictins soutenaient que cette manière de procéder portait atteinte à leurs droits seigneuriaux, en vertu desquels ils avaient seuls la création du maire et de la justice et de prélever les épaves[1], attrahières[2] et confiscations. Une sentence du bailliage de Nancy les débouta de leurs prétentions.

Un jugement des Assises de Nancy, rendu, le 12 septembre 1527, contre les Bénédictins, maintint les habitants de Champenoux dans la possession de leurs haies et pâturages, dont ces religieux leur contestaient la jouissance.

Le 18 septembre 1529, Antoine de Marches, seigneur de Damelevières en partie, et Ysabillon de Guermanges, sa femme, abandonnent à Hanus de Guermanges, seigneur dudit lieu, de Bioncour et des Ferrières en partie, la moitié des terres, seigneuries, etc. , échues à ladite Ysabillon par le décès d’Errard de Guermanges, notamment la terre de Champenoux.

En 1541, Nicolas des Fours, valet de chambre du duc et possesseur d’un gagnage[3] à Champenoux, s’étant battu en duel et ayant tué son adversaire, les religieux de Saint-Epvre voulurent, en qualité de seigneurs fonciers de Champenoux, saisir ce gagnage; mais cette affaire n’eut pas de suite, le duc ayant donné des « lettres d’abolition » à Nicolas des Fours.

D lettres patentes datées du 30 septembre 1562, permirent aux Bénédictins de faire redresser le carcan et pilori de Champenoux, pour y -attacher les malfaiteurs.

Le 4décembre 1592, Jean de Haraucourt, seigneur de Chambley, Dombasle, etc., vend à Othon, comte sauvage du Rhin, un quart et demi en toute la seigneurie de la vouerie[4] de Champenoux, sauf la quinzième partie dans ledit quart et demi, appartenant au sieur Bildstein. Le 16 juin de la même année, le comte Othon céda son acquisition à Jean Dattel, receveur et gruyer[5] d’Amance, et à Didier Dattel, son frère, châtelain de cette ville. Jean et Didier Dattel acquirent encore, en 1607, ce que Jean et Antoine de Roucel et François de Chevry possédaient en la seigneurie de Champenoux.

Le 29 juillet 1654, Ferry d’Haraucourt et Suzanne de Custine, sa femme, cèdent aux Bénédictins de Saint-Epvre la vouerie de Champenoux, y compris « le droit de coup et rupt de galliot, accoutumé de jeter par chacun an audit lieu sur les poules et poulets par un jour de Saint-Barthélemy, patron dudit Champenoux. »

La quatrième partie de la seigneurie vouée de Champenoux fut engagée, le 7 septembre 1655, par Jean-Pierre Dattel à Jean de Mahuet, lieutenant civil et criminel au bailliage de Nancy « avec le droit d’orange[6] en dépendant. »

Le 18 avril 1703, les Bénédictins cédèrent à Marc-Antoine de Mahuet tout ce qu’ils avaient dans la vouerie de Champenoux, vulgairement appelée la seigneurie de Falck de Brin.

Enfin, le 14 septembre 1772, Jean-Dominique Robert, comte Du Houx de Dombasle, chevalier, seigneur de Dombasle, Avrainville et Vassecourt, colonel d’un régiment ; Elizabeth-Charlotte, comtesse de Dombasle, née comtesse Dupuis, son épouse, et Claude-Louis Du Houx, comte de Dombasle, docteur en théologie, etc., furent mis en possession de la seigneurie vouée de Champenoux Falck de Brin, maison de fief et bien de roture, dont ils avaient fait l’acquisition sur le baron de Mahuet.

La maison dont il vient d’être parlée avait été vendue par le sieur Georges Villeneuve, commissaire des troupes de Son Altesse, gouverneur des ville et château d’Einville, à M. le baron de Mahuet, pour qui Léopold l’avait érigée en fief le 24 mai 1714.

Le registre d’où j’ai extrait les documents qui précèdent, contient encore un grand nombre de titres, parmi lesquels se trouve le sommaire d’un procès qui eut lieu, en 1754, entre M. de Mahuet et plusieurs habitants de Champenoux, au sujet du droit nommé le coup et rupt de galliot. « Le sujet de cette instance, y est-il dit, est que ces particuliers avaient resserré leurs volailles le jour de la Saint-Barthélemy, et par conséquent avaient empêché le seigneur voué d’exercer son droit appelé le coup et rupt de galliot[7], qu’il avait accoutumé de tirer par trois diverses fois par chacun an sur les fumiers dudit Champenoux, le jour de Saint-Barthélemy, patron du lieu, sur les chapons, poulets et poules de chacun des habitants, qui, pour cet effet, étaient obligés de les lâcher ledit jour, sans en réserver aucune, avec droit de prendre celles des volailles blessées ou tuées, et que, dans le cas ou des habitants les recueilleraient, elles demeureraient confisquées au profit du seigneur. » Le bailliage de Nancy confirma M. de Mahuet dans la jouissance de ce singulier privilège seigneurial.

Par son testament en date du 10 janvier, Marguerite Regnard, surnommée Pigeollot, avait fondé une messe par mois à l’autel Notre-Dame, en l’église de Champenoux, et affecté, sur un gagnage, appelé, pour ce motif, le gagnage des Pauvres, une rente qui devait servir à faire distribuer aux pauvres, les jours de Quatre-Temps, un resal de blé.

Le 30 juillet 1743, M. de Begon, évêque de Toul, avait, sur la demande des habitants, autorisé l’établissement, dans l’église de Champenoux, d’une confrérie sous l’invocation de la sainte Vierge et le titre de la Nativité. (Cure de Champenoux.)

En 1712, la population de ce village se composait d’environ 50 habitants. En 1545, il y avait déjà 29 ménages.

Champenoux a été érigé en succursale en 1802, avec Erbéviller pour annexe.

Patron, saint Barthélemy.

[1] Chose perdue et non réclamée dont la propriété appartenait au seigneur haut justicier, et dont la propriété appartient aujourd'hui à l'État.

[2]

[3] Pâtis, pâturage où vont paître les troupeaux. Les troupeaux que la faim a chassés des bocages à pas lents et craintifs entrent dans les gagnages,    Champs ensemencés.    Terme de chasse. On dit que les bêtes vont au gagnage, quand elles vont chercher leur nourriture à certaines heures, dans les terres semées de grains ou chargées d'herbe.

[4] Terre tenue par un tenancier

[5] juge forestier

[6]

[7]

 

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